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L’adolescence, période propice à l’addiction

  • 26 janv. 2016
  • 3 min de lecture

L’adolescence, période propice à l’addiction

Les substances psychoactives sont des substances qui ont un effet sur le cerveau, par exemple : le tabac, l’alcool, la cocaïne, le cannabis... Elles font toutes l’objet de lois réglementaires parce que leur consommation excessive ne cause pas seulement des addictions, mais peut aussi avoir des conséquences indésirables et dangereuses envers autrui, du fait qu’elles modifient le comportement, l’humeur, les perceptions et surtout l’activité mentale du consommateur.

En plus de la dépendance aux substances psychoactives, il ne faut pas oublier de citer les addictions comportementales, qui ne sont pas moins néfastes pour la santé. Les travaux sur cette pathologie ont débuté à la fin du XXème siècle et se poursuivent aujourd’hui en se basant sur nos habitudes quotidiennes. Ce n’est que dans sa cinquième édition publiée en mai 2013 par l'Association Américaine de Psychiatrie que le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-V) reconnaît le jeu pathologique comme première addiction comportementale. Les études montrent qu’il existe des similitudes neurobiologiques, psychologiques et surtout comportementales entres les addictions aux psychoactifs et les addictions liées à différentes pratiques telles que les jeux vidéo, les jeux d’argent, les jeux de hasard, les achats compulsifs, les aliments, l’activité physique, le sexe, Internet...

Le cerveau : centre du « circuit de récompense »

Le cerveau est le point central dans le mécanisme de l’addiction, c’est entre quatre grandes zones du cerveau que les informations circulent : le cortex frontal qui joue un rôle majeur dans la prise de décision et constitue un relais majeur du circuit de la récompense, l’amygdale qui donne des émotions à nos comportements et garde en mémoire les sources de plaisir et de déplaisir, l’hippocampe qui joue un rôle fondamental dans la mémoire épisodique et le septum, associé aux sensations de plaisir et à la disparition de la douleur.

Ces zones filtrent l’information neuronale et l’envoient vers l’hypothalamus, une région du cerveau impliquée dans la régulation des grandes fonctions comme la faim, la soif, le sommeil ou la température corporelle, ainsi que dans le comportement sexuel et les émotions. L’hypothalamus fait la liaison entre le système nerveux et la sécrétion des hormones, comme la dopamine, aussi appelée “l’hormone du plaisir”.

Schéma du circuit de récompense

Chez tout individu, une situation plaisante comme passer du temps avec sa famille ou avec des amis, regarder un film ou faire du sport produit une sécrétion de dopamine. Cette sensation de bien-être est sans cesse attendue par le corps et le cerveau, ce qui amène l’individu à renouveler l’activité source de cette sensation. Cependant, chez une personne dépendante à une substance psychoactive ou une activité, le système est déréglé. Ainsi, l’absence de substances ou de stimulations va causer une sensation de manque, l’hypothalamus va interpréter l’information négative comme un risque vital, créant par ricochet une forme de dépendance.

« Deux types de mécanismes expliquent les effets de l’addiction. Un mécanisme d’adaptation, se met en place lors de la prise de drogues. L’arrêt provoque un déséquilibre conduisant au syndrome de manque, qui peut être très sévère. Ce syndrome, s’il est bien pris en charge, peut disparaître assez rapidement : en quelques jours à quelques semaines. Autrefois, on considérait qu’il suffisait d’arrêter la consommation pour sortir de l’addiction. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien. Le cerveau est en perpétuelle adaptation. Selon les stimuli environnementaux perçus, il met en place un système d’apprentissage qui persiste pour un temps variable et s’avère parfois définitif. Ce phénomène est à l’origine de ce que l’on appelle « la rechute ». Un fumeur ou un alcoolique sevré ne pourra plus jamais consommer une cigarette ou boire de l’alcool sans prendre le risque de retomber dans l’addiction. »

Les substances psychoactives biaisent le système de récompense en le stimulant directement. Normalement, la production de dopamine se dégrade en partie après avoir été libérée dans la synapse. Cependant, la consommation de produits addictifs empêche la disparition de la dopamine par les neurones, de ce fait, sa concentration augmente.

Plus il y aura consommation, plus le système de récompense sera stimulé, ce qui pousse le cerveau à en demander toujours plus, c’est un cercle vicieux. Raison pour laquelle, bien qu’ils soient conscients du caractère néfaste des drogues, les consommateurs deviennent dépendants et en veulent toujours plus.

Mathilde Millot

 
 
 

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