SCANDALES MEDICAUX - L'euthanasie
- 16 oct. 2014
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L'EUTHANASIE, POURQUOI PAS LA FRANCE ?
Etymologiquement, le mot « euthanasie » vient du grec eu (bien) et thanatos (mort), autrement dit l'art de bien mourir.
Aujourd'hui, des pays européens comme la Suisse, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont autorisé l'euthanasie active, qui est la mort assistée par le corps médical. En revanche, seule l'euthanasie passive est autorisée en France. Elle consiste à procéder à l'arrêt des traitements médicaux à la demande du patient, par l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation artificielle. L’administration de sédatif à haute dose plonge le malade dans le coma et provoque la mort au bout de quelques jours. En France, ces démarches sont encadrées par la loi Leonetti de 2005. Cette loi autorise à appliquer un traitement antidouleur, mais non à provoquer la mort du patient. Or, le débat est relancé en France, pour autoriser l’euthanasie active, suite à de nombreux cas, qui font polémiques.
L'euthanasie en Europe :
Dans le cas de l’Allemagne, l’euthanasie est interdite selon les textes de loi, mais tolérée sous sa forme passive. En revanche, elle est totalement illégale en Grèce, sous toutes ses formes. En Hongrie, seule l’euthanasie passive est autorisée à la demande du patient. Alors qu’au Royaume uni, elle est assimilée au meurtre, et donc passible de 14 ans de prison, même si des décisions contradictoires de justice ont été prises. Tout comme en Italie où l’euthanasie active est un crime, passible de 5 à 16 ans de prison.
Toutefois, en Espagne, l’euthanasie passive et l’assistance au suicide ont été dépénalisées en 1995. Le professionnel médical doit respecter la volonté du patient, même si cela peut entrainer leur décès. Le consentement peut être donné par un tiers, un membre de la famille, un proche ou le représentant légal.
De plus, en Belgique, l’euthanasie a été adoptée après deux ans de débats, par la loi du 28 mai 2002, qui dépénalise l’euthanasie active. L’acte est autorisé sous trois conditions :
- le patient doit être majeur ou mineur émancipé, capable et conscient au moment de sa demande
- la demande doit être formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée, et ne résulte pas d’une pression extérieure
- le patient doit se trouver dans une situation médicale sans issue et fait état de souffrances psychique et physique constante et insupportable ne pouvant être apaisées et qui résultent d’une affection accidentelle ou pathologique grave incurable.
De plus, le médecin doit être volontaire. Depuis février 2014, un élargissement de loi a été adopté, et la Belgique devient le premier pays au monde à légaliser l’euthanasie pour mineurs sans limite d’âge mais sous conditions plus stricte :
- l’enfant doit avoir des souffrances physiques insupportables
- la situation médicale doit être sans issue entrainant un décès à brève échéance.
- l’accord de l’équipe médicale et des parents et d’un psychologue indépendant.
L’euthanasie vue par les Français et le corps médical :
Selon un sondage BVA paru au mois de juin, près de 9/10 des Français se disent favorables à une loi autorisant la pratique de l’euthanasie. Ce pourcentage élevé démontre que l’avis général souhaite trouver une solution pour améliorer la situation actuelle, jugée insuffisante, floue et très peu connue. En effet, la loi Leonetti a instauré en 2005 un droit de « laisser mourir » dans des conditions strictes tout en interdisant formellement l’euthanasie. De plus, de nombreux politiques se disent pour l’autorisation du suicide médicalement assisté voire de l’euthanasie pour certains cas jugés irréversibles. Dans le domaine médical, de nombreuses personnes témoignent de la situation qui devient parfois insupportable. Pour une partie d’entre eux, laisser les patients souffrir, s’acharner médicalement alors qu’il n’y a plus d’espoir à avoir est quelque chose d’anormal. Pour autant, l’autre partie est résolument contre l’euthanasie. Selon eux, la question ne devrait même pas se poser : il est de leur devoir de tout faire, de tout essayer pour sauver un patient. Ils ne conçoivent pas l’idée de mettre fin intentionnellement à leur vie.
Dans les faits, même si l’euthanasie est interdite en France, 48% des décès font suite à une décision médicale qui a pu hâter la mort (l'Institut national des études démographiques (Ined) en novembre 2012). Dans seulement 0,8% d’entre eux, le décès est la conséquence des médicaments délibérément donnés pour mettre fin à la vie. On assiste donc à un phénomène d’euthanasie active mais pratiqué illégalement par les médecins et mis en évidence dans l’affaire Bonnemaison (médecin pratiquant l’euthanasie à la demande de ses patients en fin de vie).
On peut donc aujourd’hui se demander pourquoi la situation française n’évolue pas, au minimum, vers un réel travail sur la question de l’euthanasie. En effet, même si le corps médical est divisé sur la question, les français se déclarent très majoritairement pour. Peut-être que les complications liées aux dernières lois sur la famille, on rendu le gouvernement (Hollande a fait du droit à mourir un de ses engagements de campagne) plutôt frileux à l’idée d’engager un débat qui risque d’être compliqué.
Les freins en France :
On peut constater qu’il y a plusieurs freins à la mise en place de l’euthanasie en France. En effet, la loi Leonetti encadre déjà la fin de mort des patients mais dans certains cas très précis (patient dans un état végétatif, cas d’acharnement thérapeutique, avis de plusieurs médecins et de la famille). De plus, de nombreuses personnes se déclarent contre l’euthanasie, pour des opinions religieuses ou tout simplement personnelles. Pour elles, il est dans le pouvoir des médecins de tout essayer pour sauver quelqu’un. Elles développent également l’argument qu’on ne peut pas être sûr que la personne soit réellement dans un état végétatif, qu’elle n’entend plus rien et ne sent rien. De plus, l’idée de donner au médecin le pouvoir de vie et de mort sur les patients donne une très grande responsabilité à une seule personne.
Le code de déontologie médicale oblige les médecins à tout faire pour sauver ses patients sous peine de s’exposer à des sanctions et de lourdes peines. Pour autant, dans la récente affaire Bonnemaison, ce médecin a pratiqué l’euthanasie active illégale sur sept de ses patients âgés en fin de vie. Il a pour autant été acquitté par la justice après un long procès où la famille des victimes l’ont soutenu.
Même si François Hollande a fait du droit de mourir dignement un de ses engagements de campagne électorale, il n’a toujours pas engagé un véritable débat sur la fin de vie. En effet, les répercussions des lois sur la famille qu’il a adoptées, son taux élevé d’insatisfaction et les autres défis actuels (économie, chômage,…) ont mis cette loi au second plan. Pour autant, on constate que les opinions changent sur ce sujet. Même si de nombreuses personnes restent contre l’euthanasie pour des raisons personnelles ou religieuses, le corps médical et le gouvernement se disent pour un véritable débat sur la fin de vie.
Cas célèbres (affaires Lambert et Titouan) :
Un cas célèbre qui est toujours au cœur de l’actualité et qui fait l’objet de toutes les attentions sur le débat de fin vie, est celui de Vincent Lambert, victime d’un accident de voiture en septembre 2008. Il tombe alors dans le coma, et sa santé approche celui de l’état « végétatif ». L’épouse et la mère se déchirent sur la poursuite ou non des soins. L’affaire a été portée devant la justice, a de nombreuses reprises, et a été tranchée par la voie du Conseil d’État, en faveur de sa femme, qui demandait le recours à l’arrêt de son alimentation et de son hydratation artificielles. Mais les parents, un demi-frère et une sœur ont donné une dimension européenne à l’affaire, ils ont donc saisi la Cour Européenne des droits de l’Homme (CEDH). La femme de Vincent Lambert a d’ailleurs publié un livre dernièrement, pour témoigner de son combat. Affaire à suivre …
Récemment, le débat a été relancé avec le petit Titouan, bébé né grand prématuré, victime d’une hémorragie
L’exception française n’échappe pas à la règle, alors que la plupart de nos voisins européens se sont prononcés sur l’euthanasie la France continue de tergiverser. Les pour et les contre continuent leurs « guerres » mais aucune décision concrète n’a été prise. Alors que les cas se multiplient et que des familles continuent à se déchirer devant les tribunaux pour trouver des réponses, aucun politique de n’importe quel bord n’ose pas prendre partie.
Isaline, Marion, Manon, Laura, Sarah, Fanny, Romane, Jessica et Alexandra

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